Hétérogénéité de la transmission du paludisme urbain dans les districts sanitaires de Bouaké, Côte d’Ivoire
Konan Fabrice ASSOUHO, Négnorogo GUINDO-COULIBALY, Dounin Danielle ZOH, Konan Rodolphe Mardoché AZONGNIBO, Akré Maurice ADJA
RÉSUMÉJustificationDes travaux réalisés dans la ville de Bouaké il y a environ 20 ans ont montré un fort niveau de transmission du paludisme essentiellement dû au vecteur Anopheles gambiae, avec une recrudescence manifestée en saison pluvieuse. Des efforts de lutte à travers la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action (MILDA) ont été menés par le Programme national de lutte contre le paludisme. Cependant, la crise politico-militaire de 2002 à 2011 a provoqué un important flux migratoire des habitants de cette ville, laissant le milieu naturel préservé. Le retour des populations à Bouaké a donc nécessité la mise en place de nouveaux programmes de lutte avec l’utilisation des MILDA. De nouvelles études de recherche sont maintenant nécessaires afin de recueillir des données sur les paramètres de transmission du paludisme. La présente étude s’inscrit dans ce contexte. Elle a pour objectif d’évaluer la transmission vectorielle du paludisme à travers la détermination de paramètres entomologiques dans les trois districts sanitaires de la ville de Bouaké.Matériel et méthodesLes investigations ont été menées en milieu urbain pendant la saison pluvieuse, du 10 au 29 juin 2016, dans les trois districts sanitaires de Bouaké (Nord-Ouest, Nord-Est, Sud). Les moustiques ont été collectés par captures sur sujet humain et identifiés. Le comportement trophique des femelles vectrices a été examiné et les paramètres entomologiques de la transmission du paludisme ont été estimés. L’âge physiologique des femelles vectrices a été déterminé après la dissection de leurs ovaires et les moustiques infestés par Plasmodium falciparum ont été détectés par le test ELISA-CSP.RésultatsAn. gambiae a été la seule espèce vectrice du paludisme collectée. Elle a présenté une tendance à l’endophagie et un taux moyen de parturité supérieur à 90 % dans tous les districts. Les densités agressives de l’espèce étaient respectivement de 3,6, 15,5 et 14,4 piqûres/homme/nui