Intérêt des médiations thérapeutiques corporelles chez l’adulte, en psychiatrie : protocolisées et non protocolisées
Guillaume Cottin
Depuis le milieu du XXème siècle, via de développement de la psychothérapie de l'enfant, essentiellement portée par les courants de pensés psychanalytiques, l'intérêt théorique et pratique porté aux médiations thérapeutiques n'a fait que croître. La richesse des publications de l'époque a permis à de nombreuses approches de se penser, jusqu'à s'organiser au sein de sociétés reconnues dans le domaine de la santé et plus particulièrement de la psychiatrie. Les approches corporelles suscitent un intérêt toujours croissant, visible à travers des études scientifiques pertinentes. J'ai souhaité revenir sur les bases historiques et théoriques des médiations thérapeutiques corporelle. Le mouvement, les sensations et la posture lues à travers le prisme du soin psychique, dans la relation, ou comme un langage propre, lorsque le verbal n'est pas possible, sont autant d'accès au psychisme, si tant est qu'on s'autorise à y mettre du sens. La médiation corporelle propose un espace où peuvent se rejouer les premiers liens dans toute leur complexité. De plus en plus d'études scientifiques s'intéressent à des approches encore parfois marginalisées, et qui pourtant, démontrent un intérêt clinique, intellectuel et en termes de soins similaires aux approches conventionnelles. Qu'est-ce que le corps ? Qu'est-ce qu'une médiation ? Ces questions vont bien au-delà du domaine de la médecine mais il est nécessaire d'y revenir si l'on souhaite élargir le champ des médiations thérapeutiques corporelles, passerelles dans la relation soignant-soigné. Penser le corps c'est aussi penser le toucher, questionner interface et distance, aborder le tabou de l'affectivité, voire de l'érotisation des rapports.