Épidémiologie infectieuse et impact de l'antibiothérapie initiale dans l'ischémie digestive non occlusive en réanimation : étude rétrospective monocentrique
Mohammed Idris Brahim
Introduction : l'ischémie digestive non occlusive (IDNO) en réanimation est une pathologie rare mais à la mortalité extrêmement élevée. Les données sur l'épidémiologie microbiologique et l'impact de l'antibiothérapie initiale restent limités. Objectif : décrire l'écologie microbienne associée à l'IDNO et évaluer l'impact de l'antibiothérapie précoce sur la survie. Méthodes : étude observationnelle rétrospective monocentrique incluant tous les patients diagnostiqués pour IDNO entre 2016 et 2023. Les caractéristiques cliniques, microbiologiques et le traitement initial ont été collectés. Le critère de jugement principal était la survie à 90 jours. Résultats : parmi 298 patients inclus, la mortalité à 90 jours était de 97 %. Une bactériémie était documentée dans 21% des cas, dominée par Escherichia coli et Enterococcus faecium. Une péritonite était retrouvée dans 35 % des cas, avec une forte incidence d'isolement de Candida spp (28 %). La Pipéracilline-Tazobactam était l'antibiotique initial le plus utilisé (42 %). L'antibiothérapie initiale était associée à une amélioration de la survie à 5 jours, effet qui s'atténuait à 90 jours. Conclusion : l'IDNO est associée à une mortalité dramatique et à une forte prévalence d'infections bactériennes et fongiques. Une antibiothérapie empirique adaptée et son introduction précoce pourraient contribuer à améliorer la survie initiale.