Évaluation de l'implication du gène BARD1 dans la prédisposition au cancer du sein
Marie-Florence Reveneau
Introduction : les variants pathogènes constitutionnels de BARD1 ont principalement été associés à un risque faible à modéré de cancer du sein mais leur rareté ne permet pas de préciser ce risque ni de définir des recommandations de suivi spécifiques. Notre objectif est d'étudier l'association de ces variants avec le cancer du sein dans une étude cas-témoins, et de rechercher des arguments tumoraux en faveur de l'implication de BARD1 dans l'oncogénèse mammaire. Matériel et méthodes : à partir de la base de données de Génétique constitutionnelle de l'Institut Curie, nous avons inclus des patientes atteintes d'un cancer du sein sans variant pathogène identifié sur les gènes diagnostiques, et porteuses d'un variant pathogène (et probablement pathogène) de BARD1. Sur le plan tumoral, il a été recherché une inactivation bi-allélique de BARD1 ainsi qu'un déficit de la recombinaison homologue (HRD). Résultats : sur 7309 patientes analysées, 25 étaient porteuses d'un variant sur BARD1. Parmi elles, 45% étaient atteintes d'un cancer du sein de type triple-négatif. L'analyse retrouve une association entre les variants de BARD1 et le cancer du sein avec un odd ratio = 5,2, IC95% [3 ; 8,9] ; p = 5,9.10-9. Les analyses moléculaires, réalisées sur 9 tumeurs, ont montré une perte d'hétérozygotie (LOH) au locus BARD1 dans 3 tumeurs, toutes de type triple négatif, et 2 d'entre elles étaient associées à une signature HRD, la troisième étant ininterprétable. Les tumeurs sans second hit BARD1 ne présentaient pas de signature HRD. Conclusion : notre étude suggère que les variants pathogènes constitutionnels de BARD1 sont associés à un risque élevé de cancer du sein, notamment de type triple-négatif. À l'échelle tumorale, seule une minorité de tumeurs a présenté un second hit associé à un statut HRD, et la présence d'une LOH sur BARD1 était associée à un statut HRD. Des études complémentaires sont nécessaires afin de préciser si la présence de variant pathogène constitutionnel de BARD1 p