Association entre la fraction de raccourcissement longitudinal du ventricule droit et la mortalité du syndrome de détresse respiratoire aigüe lié à l'infection au COVID-19
Nicolas Martin
Introduction : dans le syndrome de détresse respiratoire aigu secondaire (SDRA) au COVID-19, la présence d'une dysfonction systolique ventriculaire droite est associée à une augmentation de mortalité. Le ventricule droit est influencé par les techniques de suppléance respiratoire, et nécessite unesurveillance échocardiographique rapprochée. Contrairement aux marqueurs conventionnels, la fraction de raccourcissement longitudinale du ventricule droit (RV-LSF) est un paramètre issu du speckle tracking bidimensionnel utilisable en échographie transoesophagienne (ETO), angle-indépendant, reproductible et d'obtention rapide. L'objectif de notre étude est d'évaluer l'association entre l'altération du RV-LSF et la mortalité à 30 jours chez les patients atteints de SDRA COVID. Méthodes : les patients atteints d'un SDRA COVID modéré à sévère sous ventilation mécanique ayant bénéficié d'une ETO dans les 48 heures après leur admission en Réanimation au Centre Hospitalier d'Amiens étaient inclus. Ils étaient divisés en deux groupes selon la présence d'une dysfonction droite, définie par un RV-LSF < 20%. Les facteurs de risque clinique et échographiques d'évolution vers la mortalité à 30 jours étaient évalués. Résultats : entre le 28 février 2020 et le 1er décembre 2021, 86 patients ont été inclus. 43% (n=37/86) présentaient une dysfonction droite et 22% (n=19/86) décédaient à 30 jours. La mortalité était plus élevée dans le groupe dysfonction droite (15/37 vs 4/49, p =0,0001). Dans le modèle de Cox multivarié, le RV-LSF < 20% était le seul paramètre échocardiographique indépendamment associé à la mortalité (HR 4.45, 95% CI [1,43-13,8], p=0,01). Conclusion : dans le SDRA modéré à sévère secondaire au COVID-19, la dysfonction systolique ventriculaire droite définie un RV-LSF < 20% était associée à une augmentation de la mortalité à 30 jours.